Las Vegas – Nevada : 27 Janvier 1973 – Minuit

Un Show avec Elvis

3 373 mots
14–21 minutes

Après le succès incroyable et mondial du show d’Aloha – qui ne sera diffusé aux USA que le 4 avril 1973 sur la chaine NBC -, Elvis Presley ne se laisse que trois jours de repos avant de repartir le 18 janvier pour Las Vegas, afin de répéter les spectacles de son 8ème engagement. Les répétitions dans le Showroom du Hilton, commence le 24 janvier 1973, deux jours avant l’Opening show. Les spectateurs n’ont en revanche pas encore eu la chance de voir à la TV le concert Aloha from Hawaii, même s’ils ont déjà vu de nombreuses photos, lu des articles tous plus élogieux les uns que les autres. 

L’Opening Show du 26 janvier 1973 est très proche de la setlist du concert d’Aloha. Les spectateurs sont très nombreux alors à découvrir Steamroller Blues,I’m So Lonesome I Could Cry…Il en est de même pourSomething; Elvis ne l’avait chantée que trois fois, c’était à Las Vegas lors de la saison 3- 10 août 1970, opening et 11 août 1970, dîner et minuit. La version filmée dans le cadre du film That’s The Way It Is n’avait pas été retenue par les monteurs pour figurer dans la version cinéma, et elle ne l’a d’ailleurs jamais été jusqu’à présent de manière officielle, ni sur la version ultérieure du film sortie en DVD, en 2001, puis agrémentée de bonus en 2007, ni sur le film EPIC en 2025. 

En ce qui concerne Burning Love, la version a été découverte par les spectateurs qui sont allés voir en salle Elvis On Tour où figure la seconde interprétation d’Elvis de cette chanson, filmée à San Antonio, TX, le 18 avril 1972.Malgré l’énorme succès du single – la chanson sort le 1er août 1972 aux US où elle se hissera fin octobre 1972 à la seconde place du Billboard Hot 100 -, Elvis ne l’aura interprétée qu’une seule fois sur scène à Las Vegas, le 18 août 1972, dîner. Très peu de spectateurs l’ont encore entendu chanter en live, hormis les plus chanceux qui se seraient déplacés pour le voir sur scène lors de la tournée de novembre 1972 – Tour 6 – qui a démarré en Californie pour terminer à Hawaii en guise de « répétition » pour le concert d’Aloha donné moins de deux mois plus tard. 

Comme d’habitude, une soirée VIP est organisée le soir de l’Opening Show. Si les journalistes et le public présents l’ont trouvé très bon sur scène, les personnes assistants à la soirée le trouvent fatigué et effectivement, Elvis ne semble pas en bonne forme physique et morale. Il y a forcément le contrecoup du stress engendré par les répétitions et le show d’Aloha, mais aussi son divorce qui s’éternise et qui l’affecte beaucoup. Il s’avèrera d’ailleurs qu’il sera malade pendant une grande partie de la saison, l’obligeant pour la première fois de sa carrière à annuler des shows malgré des traitements lourds qui lui seront administrés. Huit shows au total seront annulés au cours de cette saison. 

Les premiers shows de la saison se passent bien ; la voix d’Elvis est claire et relativement puissante, mais avec le recul, on se rend compte qu’il avait une puissance vocale plus importante lors des deux shows d’Aloha. Il remercie toujours gentiment et poliment son public entre chaque chanson, mais il parle assez peu ce qui n’est pas habituel. 

Deux jours après le début de la saison, le 28 janvier, le film/documentaire Elvis On Tour reçoit le Golden Globe Award – meilleur documentaire de 1972. Quelle magnifique fin de carrière cinématographique pour Elvis !

C’est à partir du 31 janvier que son état de santé va pour la première fois de sa carrière lui poser des problèmes. Les deux shows sont annulés car il a attrapé une grippe et une angine. Pour qu’Elvis ne puisse pas honorer un show, c’est qu’il doit être très malade… Le lendemain, le King est en meilleure forme et retrouve dans sa suite, la légende de la boxe, Mohammed Ali. Il y a beaucoup d’amitié et de respect entre les deux légendes. Elvis lui remet une    robe conçue sur mesure et réalisée spécialement pour lui. Mohamed Ali de son côté offre des gants de boxe au King avec cette dédicace : Elvis, You are the Greatest. From Muhammad Ali. Peace 1973.

Les jours avancent et ne se ressemblent pas. Même s’il n’y pas de réelle surprise en ce qui concerne le répertoire, Elvis tombe de nouveau malade, cette fois, il a une laryngite qui l’empêche de chanter. Il doit annuler les shows de minuit les 13, 14 et 15 février 1973.

Il reprend le cours de ses shows à partir du 16 février. Le lendemain, il reçoit un trophée des mains de Virginia Coons qui porte l’inscription : Elvis – Ton spectacle par satellite diffusé dans le monde entier était explosif – nous t’aimons. Tes fans fidèles. Fan absolue, elle a rencontré le King à de nombreuses reprises, sa fille, Elaine Christan, a rassemblé, en 2023, ses souvenirs dans un livre de 400 pages,intitulé : And Then There Was Elvis – Et puis, il y a eu Elvis.

Le 18 février 1973 minuit, quatre hommes montent sur scène pour s’en prendre physiquement à Elvis ; ils sont immédiatement maitrisés par Red et Sonny West, Jerry Scheff, Jerry Schilling. C’est toutefois Elvis lui-même qui a repoussé l’un des hommes dans le public. Une fois l’ordre enfin rétabli, Elvis s’est adressé au public en ces termes : Je suis désolé, Mesdames et Messieurs. Ce que je regrette, c’est de ne pas lui avoir cassé ce fichu cou. Cet épisode est relayé par l’Associated Press. Pourtant, Elvis ne portera pas plainte contre ces quatre hommes qui étaient manifestement saouls… Séquence sonore mythique que l’on peut retrouver sur 2 Bootlegs : le 1er sorti en 2002 sur le label Ten Ager Record “I’ll Whoop his Ass!” avec un son médiocre.

Le second sorti est 2007 sur l’excellent label Straight Arrow : “Kicking And Rolling” avec un son de très bonne qualité.

Le lendemain, RCA sort le double album Aloha From Hawaii; il se placera n°1 dans les charts aux USA et au Canada et sera certifié quintuple disque de Platine aux USA – 5 millions de disques vendus -, double disque de Platine au Canada – 200.000 exemplaires – et disque d’Argent au Royaume-Uni. RCA l’édite à la fois dans un format sonore classique, ainsi que dans un format sonore optimisé, la Quadraphonie, faisant de l’album Aloha From Hawaii le premier album au monde de l’histoire utilisant cette technologie à figurer dans le US Billboard Album Chart. 

Cette saison 8 un peu folle se termine de la meilleure façon qui soit, la presse l’encensant, jugeant qu’il s’agit de l’une de ses meilleures prestations et que sur scène il est incomparable. De nombreuses personnalités et artistes sont venus l’applaudir Elvis, lui démontrant, à la fois, admiration et affection, ainsi : le célèbre astronaute Buzz Aldrin, le producteur de Elvis On Tour, Pierre Adige, Mama Cass Elliot, Ernest Borgnine, George Hamilton… et Ann Margret toujours très proche d’Elvis pour qui il demande à l’éclairagiste : Mets la lumière sur elle. Je ne veux voir qu’elle. 

Las Vegas, Nevada

Samedi 27 janvier 1973 – Minuit

Jumpsuit : Orange Sunburst Suit

Hilton – Showroom                               

Show 522

Spectateurs : 2.200

Saison 8 : 26 janvier – 23 février 1973 – 48 shows

Météo durant le show :  nuit claire / 0,5°C

Il est intéressant de noter qu’il s’agit du troisième spectacle de la saison, et donc seulement de la troisième prestation d’Elvis depuis Aloha deux semaines auparavant, ainsi que de son premier spectacle régulier à minuit de la saison. Il s’agit incontestablement de l’une de ses meilleures prestations de la saison. Comme la veille, la salle est comble, réunissant toutes les générations. Dans la file d’attente, on échange des sourires et parfois quelques mots d’excitation. D’emblée, lorsqu’ Elvis monte sur scène pour chanter See See Rider, on entend l’enthousiasme du public. Sa voix a du tonus, le solo de James Burton est excellent, les Sweet Inspirations débordent d’énergie et la basse puissante de J.D. Sumner est bien présente. Elvis est de bonne humeur et plaisante : Eh bien, eh bien… Qu’est-ce que je fais ici ? Nous avons un spectacle à donner, mes amis !  0h Seigneur ! 

Il enchaîne rapidement avec lesWell… habituels par une version efficace deI Got A Woman/Amen ; les choristes tapent des mains en rythme puis Elvis chante de façon particulièrement lente Amen qui est reprise par J.D. Sumner pour l’emmener dans les profondeurs des tonalités les plus graves qui soient, comme il sait si bien le faire !

Until It’s Time For You To Goest magnifiquement bien interprétée, toute en douceur. Elvis y met beaucoup de sensibilité et Kathy Westmorland sublime la chanson par sa voix. C’est ensuite une très belle interprétation de You Don’t Have To Say You Love Me qu’offre Elvis, toute en retenue et parfaitement maîtrisée. Nous avions pu voir dans le film That’s The Way It Is, puis entendre sur les bandes sonores qui nous sont parvenues au fil du temps à quel point le King attachait énormément d’importance à ce que cette chanson soit interprétée de la façon la plus parfaite possible. Même si chaque musicien et choriste en maitrisent parfaitement chaque note, Elvis réussi à la chanter comme si c’était la première fois ; à chaque nouvelle interprétation, on ressent toujours autant d’émotion.
Le public l’applaudit d’ailleurs longuement. 

S’en suit une nouveauté avec Steamroller Blues ; il s’agit d’une chanson qui a été composée et interprétée par James Taylor, sortie sur l’album Sweet Baby James en 1970. James Taylor raconte lors d’un show filmé par la BBC, le 16 novembre 1970, que l’idée d’écrire cette chanson lui est venue en voyant à New York des groupes de jeunes blancs qui composaient et interprétaient des morceaux de blues de façon tellement grandiloquente qu’ils en caricaturaient le style. Il écrit donc cette chanson « parodique » qui s’appelle Steamroller Blues et l’interprète ce soir-là accompagné uniquement de sa guitare sèche (le concert est disponible sur Youtube). La version d’Elvis sera bien différente, il saura en garder le substrat tout en l’adaptant pour en faire une chanson « signature » qui est devenue une vraie référence dans ce style, n’hésitant pas à y ajouter de plus en plus de cuivres au fil de ses nombreuses interprétations – on en compte plus de 160. Il la chantera pour la première fois le 7 août 1972, minuit, à Las Vegas dans un tempo proche de celui de Taylor même si l’arrangement a permis d’enrichir considérablement le morceau tant en terme vocal qu’instrumental. Il ne la chantera malheureusement qu’une seule fois pendant cette 7ème saison avant de l’insérer dans les deux shows d’Aloha, puis lors de cette 8ème saison à Las Vegas. En ce qui concerne le show de ce soir, il s’agit de la 3ème interprétation live de la chanson depuis les shows d’Aloha. Elle ne sortira en single que le 4 mars 1973 ce qui suppose que pour la majeure partie des spectateurs présents ce soir, il s’agit de la toute première fois qu’ils entendent Elvis l’interpréter. Cette version est fabuleuse, Glen Hardin est au sommet de son art, tout comme James Burton qui offre un splendide solo après qu’Elvis se soit adressé à lui en disant : Joue du blues !Alors que le groupe pense être arrivé à la fin de la chanson, Elvis enchaîne avec un couplet supplémentaire : I’m a napalm bomb. Guaranteed to blow your mind. I’m a napalm bomb. Guaranteed to blow your mind. If I can’t have your love now baby, there won’t be nothing left behind. C’est un tonnerre d’applaudissements qui clôture cette interprétation splendide et l’on peut même entendre un spectateur dire à quel point cette chanson est faite pour Elvis. 

Le King nous offre ensuite une splendide version deYou Gave Me A Mountain ; il s’agit incontestablement d’un des moments forts du show. L’interprétation d’Elvis est splendide et emplie d’émotion. Les versions de 1972 et de 1973 sont certainement les meilleures et celle-ci en fait incontestablement partie. Il y a moins de cuivre que les versions de 1976 et 1977 ce qui l’allège et donne plus de place à la sincérité incroyable que donne Elvis dans chacune de ses interprétations. 

La version de Fever qui s’en suit est très classique pour l’époque et toujours aussi efficace sur le public, surtout féminin. Elvis n’arrive même pas à garder son sérieux et se met à rire ce qui est assez rare sur cette chanson ! Il est dommage que nous n’ayons pas les images car la réaction de certaines spectatrices devait être particulièrement drôle. Après de longs applaudissements, on peut entendre Elvis dire : J’aimerais vous proposer un medley de certains de mes anciens tubes… Il commence par interpréter une version somme toute assez classique de Love Me dont le tempo est légèrement plus rapide que la version studio. On ne le sent pas vraiment inspiré. Si l’on compare son interprétation avec celle du concert d’Aloha donné deux semaines plus tôt, mais comme d’habitude la chanson rencontre un franc succès auprès du public. Il en est de même avec Blue Suede Shoes qu’il chante sans grande conviction. En revanche avec Love Me Tender, c’est toujours un moment à part car Elvis est au plus proche de ses fans. Il les embrasse, leur donne des foulards et bien souvent fait des blagues comme ce soir où il mentionne Diana Ross et les Supremes. Il s’interrompt de chanter par moment car les spectatrices l’embrassent un peu trop longuement. ÉcouterLove Me Tender est à chaque fois un moment émouvant dans un show d’Elvis. Retour au Rock’n’Roll avec une version explosive du chef d’œuvre de Chuck Berry,Johnny B. Goode. Elvis semble prendre beaucoup de plaisir à la chanter, quant à James Burton, il nous offre un superbe solo avec quelques notes rarement jouées au début de celui-ci. 

Le public est chauffé à blanc et comme à son habitude, Elvis adore s’amuser avec lui en commençant par le fameux You ain’t… que forcément tous les spectateurs reconnaissent comme étant les premiers mots des paroles de Hound Dog. Comme lors des shows de la 3ème saison à Las Vegas – été 1970 -, il est sciemment prolixe, le King est vraiment de très bonne humeur ce soir. Il plaisante en disant qu’il a chanté pour la première fois cette chanson quand il avait 12 ans – 1947 – au Steve Allen Show ! Ce qui est vrai, c’est qu’il a chanté Hound Dog dans cette émission, le 1er juillet 1956, face à un chien portant un chapeau, ce qu’Elvis a fait de façon très professionnelle en se prêtant au jeu, bien qu’il n’ait pas du tout apprécié la façon de faire une fois rentré dans sa loge. Il parle ensuite d’une anecdote avec Ed Sullivan en plaisantant sur lui-même : Je suis allongé là comme un idiot. Imaginez que quelqu’un entre à ce moment-là, il dirait : Il est fini, il a craqué !!!… Le public est hilare et c’est le moment qu’il choisit pour commencer à interpréter pour de bon Hound Dog dans un tempo blues avant de brutalement accélérer le tempo pour en donner une fin endiablée pour le plus grand plaisir du public. Le « chef d’orchestre » étant sur cette chanson un gigantesque James Burton qui en profite pour agrémenter le morceau par son célèbre « chicken-pickin ». Cette technique a été inventée par James et a été reprise ensuite par les meilleurs guitaristes au monde. Pour réussir, il a associé un médiator plat classique à un médiator métallique qu’il porte au majeur. Il joue des notes étouffées ou bendées qui claquent contre les frettes, en alternant rapidement entre une note pincée et une corde claquée ou tirée. Burton a eu l’idée de monter des cordes de banjo sur les cordes les plus aiguës de sa Fender Telecaster afin d’obtenir la tension supplémentaire et le mordant aigu nécessaires à ces claquements et ces bends agressifs. Ce n’est pas pour rien que le grand Keith Richards des Rolling Stones a surnommé James Burton, The King of Fender – en référence à Elvis, The King, bien entendu.  

Elvis enchaîne par un morceau beaucoup plus récent dans son répertoire, What Now My Love, chanson pour laquelle il a donné des interprétations splendides lors des deux shows d’Aloha. Celle-ci est de la même trempe. A noter que la dernière note qui conclue le titre est montée un peu trop tôt par J.D. Sumner et est en décalage avec la voix d’Elvis. 
Elvis remercie le public et immédiatement après, James Burton et John Wilkinson jouent l’introduction de Suspicious Minds. On peut entendre Elvis dire : J’espère que ce costume ne va pas se déchirer… car c’est un morceau sur lequel il avait l’habitude de faire des mouvements très rapides inspirés des katas de karaté. Cette version qui est peut-être un peu moins énergique que celles qu’il interprétait en 1969 et 1970, reste de très bonne qualité. Plus courte et assez classique de celles données en 1972 et 1973, elle est très efficace et ravie les spectateurs.Après avoir présenté les musiciens et les choristes, Elvis chante I’ll Remember You et dit au public : Nous avons récemment donné un concert pour une fondation contre le cancer à Hawaï et en hommage au jeune homme qui a écrit cette chanson, I’ll Remember You… C’est une magnifique interprétation, chantée avec application et beaucoup de délicatesse. 
Immédiatement après, Elvis change radicalement de registre et attaque « sauvagement » la chanson I Can’t Stop Loving You. Il semble qu’au début de la chanson, il se rapproche d’une spectatrice qui pousse un cri que l’on entend dans le micro, ce qui le déstabilise et le fait rire ainsi que toute la salle. C’est une version très efficace et agréable à écouter. 

S’en suit l’un des grands moments avec, An American Trilogy. La version est superbe comme toutes les versions de 1972 et 1973. Si Elvis ne pousse pas la note la plus haute sur le refrain final comme il a réussi à le faire lors du show d’Aloha, c’est une superbe version empreinte de beaucoup d’émotion et techniquement parfaite. Le public l’applaudit à tout rompre ; on peut même entendre des spectateurs hurler bravo !… 

Mais Elvis n’a pas fini de nous émerveiller puisqu’il enchaîne sur une superbe version de Burning Love. Le tempo est le même qu’Aloha, mais James Burton fait beaucoup plus de variation avec sa Fender et Elvis a une voix beaucoup plus détendue que lors de ces shows – la pression est forcément moins lourde -, c’est une vraie réussite. 

Une fois la chanson terminée, Elvis montre au public le pendentif qu’il porte autour du cou, le Lion’s Claw. Il est considéré par beaucoup de fans, à l’instar de son Haï sertit d’or et de diamants qu’il portait lors de tous ses concerts de 1977, ainsi que le jour de sa mort, comme l’un de ses bijoux les plus mythiques. Certains vont jusqu’à dire que le Lion’s Claw – Griffe de lion – est le Saint Graal de ses bijoux – vendu aux enchères en décembre 2023, il a été adjugé à : 375 000 $. Il y a de nombreuses photos d’Elvis le portant sur scène à cette époque mais aussi en privé comme lors de sa rencontre avec Muhammad Ali dans sa loge lors de cette saison ou encore lors de la fête d’anniversaire de Lisa-Marie pour ses cinq ans. Le pendentif, en or massif, incrusté de diamants et de rubis, a la forme d’une griffe de lion. Elvis plaisante en disant : J’aimerais bien rencontrer le type qui l’a maintenu immobilisé (le lion)assez longtemps pour lui arracher. Ça, c’est une manucure ! Puis il ajoute avec plus de sérieux : Si nous avons fait quoi que ce soit pour vous rendre heureux, c’est tout ce qui compte… Le concert touche à sa fin et Elvis interprète Can’t Help Falling In Love. On l’entend s’adresser à quelqu’un pendant la chanson en disant : reste ici... C’est une version classique et très bien interprétée. 

Le King termine en beauté ce show exceptionnel qui compte parmi les meilleurs de cette huitième saison. Sa voix est puissante, il donne une très belle et rare interprétation de Burning Love qu’il n’interprètera que lors de trois shows sur les quarante-huit qu’il donnera lors de cette saison et il est de bonne humeur, toujours prêt à blaguer. 

Nous avons eu la chance de récupérer, en 2022, ce concert enregistré depuis un magnétophone placé dans la cabine de l’ingénieur du son « sound-booth ». L’enregistrement est de moins bonne qualité que lorsqu’il est pris à la source depuis la console « soundboard », mais il reste très agréable à écouter. Le label FTD l’a sorti sur le triple CD From Vegas To Tahoe (506020-975170) qui proposait également les shows des 21 février 1973 minuit à Las Vegas et 12 mai 1973 minuit au Sahara Tahoe.