EPiC

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Cela ressemble à une unanimité...

A l’image de la critique internationale, la presse française est à l’unisson. Ainsi, exception faite de franceinfo, mais ça ne nous étonne pas, les chroniques figurants ci-dessous donnent la note de 4/5 à EPiC, ce qui somme toute est assez remarquable. On notera quelques petits dérapages du style : Elvis « vieillissant » (?), « période kitsch »… mais alors que dire de bien des « artistes »  de la même période, des années 80/90 et même des décennies suivantes ?...

Première par Frédéric Foubert. Baz Luhrmann n’avait pas tout dit sur Elvis. Quatre ans après son biopic électrisant, le réalisateur lui consacre aujourd’hui un documentaire, quelque part entre le concert film et le portrait impressionniste. C’est en bossant sur son film de 2022 qu’il est tombé sur un trésor : près de soixante heures d’archives inédites dormant dans un entrepôt de la Warner. Boostées par les sortilèges numériques des équipes de Peter Jackson, ces images désormais rutilantes nous propulsent au cœur des shows 70s de l’Elvis « vieillissant » (il n’a que 35 ans) et produisent un effet d’immersion magique, quelque part entre Get Back et Apollo 11. Le King s’y révèle charmeur, cabot, très en voix, bête de scène ultime, et Luhrmann poursuit ainsi son entreprise de réhabilitation de la période kitsch du chanteur. A voir si possible en IMAX, le son à fond, pour avoir l’impression d’être aux premières loges de l’hôtel Intercontinental de Las Vegas, circa 1970.

Rolling Stone par Xavier Bonnet : Ne manquez pas la sortie d’EPiC, le documentaire de Baz Luhrmann sur le King, en salle ce mercredi 25 février.                                                                                                                                                                                                                                                             

D’une certaine manière, Baz Luhrmann s’était focalisé avec Elvis, biopic qui ne voulait pas dire son nom, sur la légende autour de Presley. En gros, l’Australien et consorts s’étaient « contentés » de remuer l’écume. Avec ce documentaire, il… replace l’église au milieu du village, rendant justice à l’essence même de ce qu’était Elvis et n’aurait jamais dû cesser d’être : un chanteur d’exception et un performer sur scène qui ne l’était pas moins. Ce sont ainsi cinquante-neuf heures d’archives qui ont été excavées – au sens propre du terme si on veut croire un autre storytelling prétendant qu’elles dormaient au fin fond d’une mine de sel du Kansas –, retravaillées avec l’assistance des équipes de Peter Jackson qui avaient déjà tant sublimé le Get Back des Beatles, re-sonorisées de manière époustouflante. Sur les planches de Las Vegas ou en tournée, mais aussi en répétitions, le « King » resplendit, transcende le rock, magnifie le gospel, amadoue les reprises (Beatles encore, Dylan (?), Tony Joe White).                                                                                                                                                                                                                                                       

Télérama par Thomas Richet. Elvis Presley, au sommet de son art, dans les années 1970. Tellement électrique que le réalisateur Baz Luhrmann met en sourdine sa tendance au montage rococo. Les reconstitutions de concerts étant ce qu’il y avait de mieux dans son biopic Elvis (2022), on était curieux de voir ce que Baz Luhrmann ferait de dizaines d’heures d’images inédites du King sur scène tournées dans les années 1970. Et on n’est pas déçus. Elvis Presley, alors au milieu d’une résidence à Las Vegas, se produit deux fois par jour, sept jours sur sept, quatre semaines d’affilée. Et il est au sommet de son art. Accompagné d’impressionnants musiciens, Elvis est tellement électrique que le réalisateur met en sourdine sa tendance au montage rococo. Il raconte même, en injectant des images d’archives, une histoire un peu sage, voire lisse, du chanteur. Ce qui ne gâche pas le plaisir de voir le roi en majesté, dans des images impeccablement restaurées par le studio de Peter Jackson.

Le Parisien par Renaud Baronian. L’art du cinéma et du montage de Baz Luhrmann fait le reste, au long de titres chantés en continu et illustrés par des alternances d’images de ces différentes archives : c’est si époustouflant qu’on a du mal à ne pas se lever de son siège pour danser en hurlant avec le King
 
Sur franceinfo culture, Laure Narlian titre : Epic : Elvis Presley in concert, l'hommage documentaire de Baz Luhrmann à la bête de scène qu'était le King. Puis pour être fidèle à la ligne éditoriale qui anime le groupe, ne peut s’empêcher de tomber dans des clichés totalement éculés depuis des décennies :Bénéficiant d'une restauration minutieuse d'images du rocker filmées au début des années 1970, avec un Elvis encore en grande forme bien que son étoile déclinât, ce film démarre au quart de tour mais s'essouffle dans la dernière demi-heure. On n’a sans doute pas vu le même film ? Et à qui pourrait-on faire croire que son étoile à un jour déclinée, est-ce que cette « journaleuse » a on ne sait quoi dans les yeux et les oreilles pour ne pas s’être rendu compte quelle est encore la place du King plus de 55 aprèsElle reprend ensuite le dérouler du film, puis en remet une couche à la fin : Cependant, à moins d'être un admirateur et fin connaisseur du King, le rythme du film, démarré à cent à l'heure, patine durant la dernière demi-heure, en mode crooner tout miel, et on pourra trouver le temps long. Et termine sur cette note : Elvis n'a jamais joué en dehors de l'Amérique du Nord, son imprésario le colonel Parker l'en ayant toujours dissuadé. Il rêvait pourtant d'une tournée mondiale et souhaitait notamment se produire au Japon et en Europe. Avec son film, Baz Luhrmann exauce en partie son rêve, en y ajoutant la donnée temporelle : quarante-neuf ans après sa mort, il a rarement paru aussi vivant que sur ces images.