« C’était sans aucun doute lui qui dirigeait la session et qui décidait quand la prise était bonne… »
Alfred Wertheimer

Le dimanche 1er juillet 1956, Elvis est arrivé peu après 6h à la gare de Penn Station à New York. Il avait joué la veille au soir à Richmond en Virginie et s’est immédiatement rendu à l’hôtel Warwick pour se reposer. Le soir même, il se rend au Hudson Theater dans la 44ème rue pour son unique participation au Steve Allen Show sur NBC-TV. Là, il interprète I Want You, I Need You, I Love You, et Hound Dog à un basset nommé Sherlock et participe à un sketch en compagnie d’Andy Griffith, Steve Allen et Imogene Coca. Visiblement cette émission, par son côté un peu kitch, est faite pour calmer le jeu. Elvis n’y est pas très à l’aise, engoncé dans un smoking ou habillé en cow-boy. Cependant ce soir-là le Steve Allen Show fera 22,2% d’audience, alors qu’en face Ed Sullivan ne fait que 14,8%. Après l’émission Elvis sera interviewé dans sa chambre d’hôtel pour le programme TV Hy Garner Calling. On apprend alors qu’il ne comprend pas en quoi le rock’n’roll peut être néfaste pour la jeunesse, et qu’il voudrait bien être un nouveau James Dean, mais dit ne pas être sûr d’y arriver.




LA SESSION
C’est le lendemain, qu’Elvis et ses musiciens investissent de 14h à 21h le Studio RCA de New York pour une séance d’enregistrement de légende. Sont présents : aux guitares Scotty Moore et Elvis, à la contrebasse, Bill Black, à la batterie, D.J. Fontana et au piano Shorty Long. Les chœurs sont assurés par les Jordanaires, à savoir Gordon Stoker, Hoyt Hawkins, Neal Matthews et Hugh Jarrett, cependant que l’on trouve aux manettes l’ingénieur Ernie Ulrich et que Steve Sholes en est le producteur. En vérité, comme le confirme le photographe Alfred Wertheimer, témoin privilégié et qui canarde le King sans discontinuer :En studio, lors de cette session, j’ai pris des centaines de clichés. Je pourrais reconstituer toute la séance avec mes photos. Elvis était très perfectionniste. C’était sans aucun doute lui qui dirigeait la session et qui décidait quand la prise était bonne, le choix des chansons… Il répétait l’arrangement au piano avec Gordon Stoker des Jordanaires, puis très vite démarrait l’enregistrement avec ses musiciens. Elvis prenait sa musique très au sérieux : il était très concerné pendant les séances d’enregistrement.


Les Jordanaires se souviennent eux aussi. Ray Walker : Il n’avait pas besoin de répéter les chansons. Il avait une excellente mémoire. Il lui suffisait d’écouter un morceau deux ou trois fois et il le connaissait aussi bien que le compositeur. Gordon Stoker :Il écoutait une maquette de la chanson, une ou deux fois, se mettait derrière le micro et chantait sans aucun texte devant les yeux.
En fait, pressentent-ils tous qu’ils détiennent ce jour-là l’un des singles records de toute l’histoire ? Il semble en tous cas que la tension soit à son maximum, la concentration aussi. On a le sentiment de se trouver dans un vestiaire avant un match de foot. On assiste réellement à un travail d’équipe, on se rassemble assis au sol autour du coach, Steve Sholes, on se regroupe autour des Jordanaires, on écoute religieusement les prises qui l’une après l’autre ne donnent pas entière satisfaction, alors le leader s’isole, prend sa tête entre ses mains avant de mieux repartir pour une prise nouvelle et de chanter face à toute la formation.


Est présent également son cousin Carrol « Junior » Smith qui, bien que discret ne le quitte pas, à cette époque, d’une semelle. Il existe une réelle proximité entre lui et Elvis, il semble que junior soit là pour le rassurer comme sur cette photo où il vient lui parler à l’oreille. Junior a près de trois ans de plus, il est né le 2 août 1932, il est le fils de Levalle Smith la sœur de Gladys et le frère de Gene Smith. Blessé par un obus pendant la guerre de Corée, ce que raconte sans doute un visage en permanence torturé. Ceci explique peut-être cela, il est mort d’alcoolisme dans la maison de l’oncle Travis, le 4 février 1961. Ce triste jour, Elvis n’arrêtera pas de répéter :Tout est fini, Junior, tout est fini…
HOUND DOG
Le premier titre enregistré transpire le souffre, c’est celui-là même qui quatre semaines auparavant avait fait scandale lors du Milton Berle Show du 5 juin. Scotty Moore : …Nous savions avant la séance que nous allions enregistrer Hound Dog. Nous l’avions vu interpréter à Las Vegas par Freddie Bell et les Bell Boys. Nous allions les voir tous les soirs. Nous aimions tous ce titre et nous nous sommes dit que nous l’enregistrerions. Nous l’avons fait à la télé et en studio. C’est la première chanson que nous avons enregistrée. Une fois terminé la série de concerts donnée par le King au New Frontier Hotel de Las Vegas, ils mettent la chanson pratiquement immédiatement à leur répertoire, comme le montre la première version qui nous soit parvenue, le 16 mai 1956 au Robinson Auditorium de Little Rock en Arkansas.


Elle a été écrite en août 1952 par Jerry Leiber et Mike Stoller pour la chanteuse Willie Mae (Big Mama) Thorton. Elle l’enregistre en août de la même année et le disque qui sort début 1953 sur Peacock Records (1612) se place n° 1 pendant six semaines au classement R&B du Billboard.
Bien entendu Elvis connait la chanson, qui a même fait l’objet d’une controverse entre Sam Phillips et ses auteurs. Celui-ci accusé de plagiat pour sa version de Bearcat (Sun 181) par Rufus Thomas devra reverser un pourcentage sur les royalties. Mais effectivement, c’est en avril 1956 à Las Vegas que s’opère le déclic qui donnera à Elvis l’envie de la mettre à son répertoire. Mais alors qui peut dire que sa version a quelque chose à voir avec les versions qui l’ont précédé ! La chanson est totalement revisitée, encore une fois Elvis se l’approprie totalement pour la faire sienne. Résultat : une chanson d’anthologie ! Tous y contribuent, les musiciens qui lui apportent une sonorité jamais entendue, révolutionnaire, les choristes qui produisent un travail absolument remarquable avec un Elvis qui domine sa partition à la perfection. On comprend mieux pourquoi il faudra attendre la 31ème prise pour qu’Elvis soit enfin satisfait du travail accompli. Scotty Moore : C’était bizarre comme son. Maintenant le chorus me paraît complètement contraire aux lois de la musique. Mais ça collait bien. On pourrait appeler ça du style psychédélique préhistorique.

DON’T BE CRUEL
Le deuxième titre enregistré est Don’t Be Cruel, qu’Otis Blackwell avait écrit en 1955 et vendu à Shalimar Music pour 25 $. Elle fut d’abord proposée à un groupe enregistrant pour RCA – The Four Tunes -qui n’en voulut pas. Mais dès qu’Elvis entendit la démo, il en tomba littéralement amoureux. Il va l’interpréter sur un tempo différent de celui de la maquette, moins rugueux, mais là encore il faudra attendre vingt-huit prises avant qu’il ne soit satisfait. Otis Blackwell : La veille de Noël 55, je me trouvais devant le Brill Building à Manhattan, Leroy Kirkland, l’arrangeur qui a travaillé avec Screamin’ Jay Hawkins, m’a demandé si j’avais des chansons. J’ai dit : Ouais, j’essaie de gagner de l’argent pour Noël. Il m’a emmené alors chez Shalimar Music où j’ai rencontré Goldie Goldmark, Al Stanton et Moe Gayle. Al Stanton était un ami de Paul Cates, qui travaillait avec les gens d’Elvis. Il lui a fait passer mes chansons, mais je travaillais pour Shalimar et Elvis était chez Hill & Range. Alors ils se sont réunis pour les copublier. J’ai joué sept chansons et l’une d’elles était Don’t Be Cruel. Ils l’ont achetée et l’ont fait écouter à la société d’Elvis. L’accord prévoyait un partage des crédits d’écriture qui a été levé, après que notre collaboration a eu fait largement ses preuves. Quand Elvis enregistrait mes chansons, il s’inspirait de mes démos. Je pense qu’il rendait justice à mes chansons. Il y a mis le genre de sentiment que je ressentais moi-même…

En effet, pour donner suite à cet accord Don’t Be Cruel, mais aussi Paralyzed et All Shook Up, seront co-créditées Elvis Presley. Alors, s’il est vrai qu’Elvis s’est inspiré de la démo d’Otis Blackwell pour Don’t Be Cruel, il lui a apporté tout autre chose. Un rythme moins pianistique – que l’on retrouvera dans la version de Jerry Lee Lewis -, plus mélodique avec un apport, là encore, des Jordanaires qui l’adoucit avec une réelle harmonie entre les musiciens, plus liés, et puis il y a ces riffs de guitares de Scotty qui deviendront légendaires ajouté à la rythmique imposée par Elvis pour en faire une réussite totale. Du grand art !…

ANY WAY YOU WANT ME (THAT’S HOW I WILL BE)
La session se termine par Any Way You Want Me écrite par Aaron Schroeder et Cliff Owens. Aaron Schroeder :J’avais ce titre dans la tête quand j’ai rencontré Clyde Otis (producteur/auteur de renom)dans un ascenseur du Brill Building à New York. Je lui parle de celui-ci et lui demande ce qu’il en pense ? Il me répond : Super, je l’aime ! On peut en faire quelque chose. Je lui dis que je pense à Elvis Presley, il me dit alors : Je le connais, je pense que ça lui irait. Nous nous sommes mis au piano et une heure après nous l’avions terminé. Clyde Otis publiant ses chansons habituellement pour une organisation rivale, choisira de signerAny Way You Want Me sous le pseudonyme de Cliff Owens.
La chanson fait partie d’une pile de démos présentée à Elvis par Steve Sholes. Immédiatement conquis, il va faire montre, une fois de plus, de qualités vocales uniques. Il l’enregistre en douze prises, la dernière étant retenue pour figurer à nouveau sur un single et si la chanson est quelque peu écrasée par celles qui l’ont précédé, il ne faudrait pas pour autant en minimiser la portée.
LES SINGLES DE TOUS LES RECORDS
Les résultats obtenus par cette session vont dépasser, aussi bien artistiquement que commercialement, tout ce que ses protagonistes auraient pu en espérer. En effet, les trois titres feront l’objet de singles qui battront tous les records, les propulsant au firmament des chansons de légendes. Seulement deux semaines après la session, RCA sort le 13 juillet le single (47.6604) avec en face A Don’t Be Cruel,Hound Dog se contentant de la face B. C’est une vraie bombe qui va provoquer un véritable raz-de-marée. Le 4 août, il gagne la première place du Billboard qu’il garde onze semaines, les deux faces se tirant successivement la bourre. Il restera ainsi présent dans les charts pendant vingt-huit semaines, occupant dans le même temps la première place de tous les autres classements, Country et R&B… ! Il sera le premier single de l’histoire à être certifié quadruple Platine et il faudra attendre 1985 et la chansonWe Are The World pour qu’un tel exploit se reproduise. Ce single de légende se vendra à l’époque à plus de neuf millions d’exemplaires aux USA !


En Angleterre, tout comme aux Etats-Unis les deux titres se feront concurrence, ce qui aura pour résultat que les deux n’atteindront que la deuxième place, ce qui reste cependant un véritable exploit. L’exploit en vérité est planétaire, car si l’on se replonge dans le contexte de l’époque où en France, par exemple, alors que les chansons ne bénéficient d’aucun passage radio, non seulement le 45 tours Rock and Roll n° 1, sorti en 1957, obtiendra sous ses deux références (75319/86290) d’excellents scores, mais sera de plus réédité régulièrement jusque dans les années 70 (!). Et, preuve de leurs impacts, les deux titres seront immédiatement repris par des interprètes français.

Any Way You Want Me, ne va pas tarder à prendre le même chemin. La chanson apparait le 28 septembre 1956 en face B du single (47-6643) qui propose en face A rien de moins que Love Me Tender et qui a fait l’objet dès avant sa sortie d’une précommande de près d’un million d’exemplaires. Le 20 octobre, il atteint la première place du Billboard qu’il va conserver quatre semaines durant avec au total vingt-deux semaines de présence. Il occupera également la première de différents classements, Cashbox, Variety… Il sera certifiétriple Platine. Là encore le succès sera planétaire, comme chez nous où Love Me Tender sera repris sans attendre par des chanteurs français.


Une session, trois chansons numéros un, il y a sans doute peu d’artiste qui peuvent se vanter d’un tel exploit. Un exploit d’anthologie qui va faire à tout jamais d’Elvis : le n° 1. Mais, au-delà de cela, bien malin qui peut dire aujourd’hui, combien de millions de Don’t Be Cruel et de Hound Dog se sont vendus autour de la planète ? Ils ont figuré sur tant d’albums, de dizaines de compilations de toutes sortes, eux même multimillionnaires, que l’on peut avancer sans risques que ces titres, comme quelques autres du King, sont ceux qui se sont les plus vendus au monde ! Mes amis quelle session !…
Curieusement, aucune autre prise ne nous est parvenue à ce jour, les bandes auraient été détruites, ce qui est devenu une véritable frustration pour tous les fans du King. Cependant, dès lors Hound Dog et Don’t Be Cruel ne quitteront jamais plus son répertoire et ce jusqu’en 1977. Reste que nous sommes ici, sans nul doute possible, en présence de la session la plus photographiée d’Elvis et que nous devons cet énorme privilège à Alfred Wertheimer qui a su en capter tous les instants, photographiant non seulement Elvis sous toutes les coutures, saisissant la moindre expression, mais aussi en restituant à merveille l’ambiance qui régnait dans le studio ce jour-là. Les clichés les plus parlants sont très majoritairement en noir et blanc, cependant on en compte environ vingt-cinq en couleur, le plus souvent en buste. Mille mercis Monsieur Wertheimer !…
ALFRED WERTHEIMER
Alfred Wertheimer est né en Allemagne à Coburg en 1929. Il est très jeune quand ses parents émigrent aux États-Unis où ils s’installent à Brooklyn. En 1951, il obtient son diplôme à la Cooper Union,un établissement d’enseignement supérieur en sciences et arts. Après son service militaire comme photographe dans l’Army Signal Corp, il travaille dans la mode mais, se captive avant tout pour le photojournalisme. Il se désintéresse très vite des images lisses et posées, il publie alors son travail dans Life Magazine, Paris Match et Look…
En mars 1956, il est engagé pour une courte durée par RCA dans le but de prendre des clichés d’Elvis lors de son passage au Dorsey Show, le 17 mars. RCA, en manque de photos à destination des médias, souhaitaitavoir des gros plans d’Elvis en action ou encore en compagnie de ses fans. Alfred Wertheimer n’avait jamais entendu parler d’Elvis : Mon instinct me disait que ce garçon était vraiment unique. Il avait un talent qu’on ne rencontre que tous les cinquante ou cent ans. Je ne le savais pas encore à l’époque, mais je sentais qu’il allait devenir quelqu’un et c’est ce qui m’a motivé à le suivre. Si personne n’avait pris ces photos, comment aurait-on pu savoir qui il était vraiment ?


Frappé par la personnalité d’Elvis, il va en définitive le suivre pendant plusieurs mois en 1956 et accumuler des milliers de clichés de New York à Memphis, y compris dans son intimité :Il me laissait faire absolument tout ce que je voulais. A aucun moment il n’est intervenu. Je dois en remercier également sa mère Gladys – son père était plus en retrait – pour son accueil à Memphis. Elle a été d’une hospitalité peu ordinaire m’ouvrant sa maison sans restriction. Elle était vraiment adorable et l’on remarquait immédiatement l’immense complicité qu’il y avait entre elle et Elvis.



Certains de ces clichés deviendront mythiques lui assurant une rente à vie, ils seront non seulement publiés par les médias, mais ils feront l’objet de produits de toutes sortes, calendriers, agendas, t-shirts, mugs… et d’une multitude d’ouvrages, The Early Years, Elvis at 2: From New York To Memphis…dont le dernier en date le prestigieux, Elvis and the Birth of Rock and Roll chez Taschen, ne coûtait pas moins de 750 €. Ces clichés ne manqueront pas, bien entendu, d’intéresser également la pub, comme la montré, il y a peu encore, la publicité Coca-Cola qui s’affichait chez nous, non seulement sur les bus mais aussi sur les grands panneaux publicitaires.
Alfred Wertheimer photographiera Elvis une dernière fois d’une manière admirable lors de son départ pour l’Allemagne, le 22 septembre 1958 à Brooklyn, lorsqu’il embarque sur le USS General Randall. Par la suite, Alfred Wertheimer couvrira notamment la campagne présidentielle américaine de 1960 opposant JFK à Richard Nixon, puis vers la fin de sa vie, outre l’exploitation de ces milliers de clichés, il se consacrera également à la réalisation de films documentaires.



Le 4 juillet 2007, il était venu nous rendre visite à La Boutique en compagnie de Thérèse Schevtchenko qui fut longtemps sa collaboratrice, nous l’avions interviewé – voir numéro 61 de septembre 2007 d’Elvis My Happiness – et avions même partagé un diner avec eux et pu nous rendre compte combien il restait enthousiaste et reconnaissant à Elvis pour l’avoir ainsi propulsé au rang des photographes de légendes. Il est décédé, le 19 octobre 2014 à New York.
Si quelques photos de la session avaient filtré au cours du temps, ce n’est cependant réellement qu’en 1995 dans le livre Songs of Innocence (Tutti Frutti Productions) de Ger Rijff et Jan Van Gestel avec l’accord d’Alfred Wertheimer que nous en découvrirons plusieurs dizaines. Nous ne comprenons cependant toujours pas pourquoi les auteurs ont cru bon de les reproduire en couleur sépia, leur enlevant ainsi tout relief. A la suite de cela, Alfred Wertheimer nous avouera :Vous savez c’est compliqué car j’ai eu pas mal de déception dans le passé notamment lorsque j’ai travaillé avec des Européens pour la session de Hound Dog et quelques autres projets… Ça a trainé, il y avait toujours quelque chose qui ne collait pas. Vous savez, même en ce qui concerne l’édition de mes photos par la Fondation Cartier, je ne suis pas totalement satisfait du résultat. Aujourd’hui je ne souhaite réellement travailler que dans la qualité comme nous l’avons fait pour le Elvis At 21 où les reproductions sont telles que je le souhaitais. En ce qui nous concerne d’ailleurs à My Happiness, nous nous sommes toujours insurgés et nous continuons à le faire contre ces foutues mises en page qui ne trouvent rien de mieux que de mettre, par exemple, des photos sur deux pages en les coupants bien au milieu et souvent même en coupant en deux le personnage principal lui ôtant ainsi tout intérêt. A bannir !
Certes, c’était peut-être il y a 70 ans, mais alors un constat s’impose : une insensibilité totale au temps qui passe. Aucune ride n’est venue altérer ces instants, que ce soit musicalement bien entendu, mais aussi en ce qui concerne cette photogénie si particulière au King, tout en mouvement, merveilleusement captée par Alfred Wertheimer, une vraie fontaine de Jouvence…


LA SESSION MADE IN FRANCE
Don’t Be Cruel a été la première adaptation en français d’une chanson d’Elvis. C’est Georges Ulmer, chanteur d’origine danoise, très célèbre dans notre pays dans les années 50, qui après en avoir écrit les paroles, avec pour titre, Sois pas cruelle, l’interprétera pour les disques Vega. Elle sera reprise par la suite par Christian Garros, jazzman renommé, sur un 45 tours totalement consacré, déjà, à Elvis, mais aussi par le Trio Raisner, puis au cours du temps par Sylvie Vartan en 1962 et plus tard par Dick Rivers et Eddy Mitchell – avec des paroles légèrement modifiées, reprises par Betty And the Bops. Au Canada, elle est adaptée par Armand Desrochers pour Carmen Déziel, également sous le titre,Sois pas cruel, mais avec des paroles totalement différentes.
Hound Dog, sans doute plus difficile à adapter, ne sera repris dans un premier temps que musicalement par Christian Garros, il le sera plus tard avec des paroles de S. Lorquin qui l’intitule, Vieux chien de chasse, pour Lucky Blondo sur son album totalement dédié au King, To Elvis From Nashville. Pour les Bubblies avec Ganaël, Hound Dog deviendra Chien de Berger sur des paroles de A. M. Nébot. Johnny Hallyday l’interprétera également mais en anglais.
Any Way You Want Me, bien que déposée en France à la Sacem sous le titreRien que pour te plaire, paroles de Jacques Poterat, ne trouvera cependant pas d’interprète.



LES MUSICIENS
Guitares : Scotty Moore, Elvis Presley
Contrebasse : Bill Black
Batterie : D.J. Fontana
Piano : Shorty Long
Choristes : The Jordanaires (Gordon Stoker, Hoyt Hawkins, Neal Matthews, Hugh Jarrett)
Ingénieur : Ernie Ulrich
Producteur : Steve Sholes



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